RAPPELS . Vous êtes arrivée sur ce projet d’une façon très soudaine, en remplacement de la comédienne initialement pressentie . Avez-vous eu besoin de beaucoup de réflexion avant d’accepter ?
Non, ça a été très rapide . Je connaissais déjà Nicolas Briançon et son travail . Même si, bizarrement, je n’avais pas pu voir La nuit des rois . Je savais que ça avait enthousiasmé tout le monde . Quand il m’a parlé de son adaptation et de son idée de transposer la pièce dans les années 1960-1970 avec de la musique, des danseuses et un esprit très joyeux, j’ai tout de suite été séduite . Ca m’a semblé une façon très juste, très fidèle, de servir l’univers de Shakespeare .
En quoi ?
Le songe est une pièce qui parle de désir, de chair, d’amour . Le texte est magnifique, il y a des envolées lyriques superbes, mais cette pièce parle d’abord de passion : de la passion d’aimer, de la passion de jouer . On ne peut pas jouer ça d’une façon théorique ou intellectuelle, il faut que ce soit extrêmement vivant, et c’est exactement ce que Nicolas Briançon proposait .
Il y a, chez lui, un véritable souci du “spectaculaire”, un vrai sens du spectacle…
Oui, il n’hésite pas à mettre de la musique et de la danse. La notion de plaisir est très présente dans son travail. Et puis, en l’occurrence, l’idée des années 1970 permet une identification très rapide: on reconnaît tous cette période. D’ailleurs, c’était aussi l’époque de la révolution sexuelle, le temps de l’émancipation des femmes: ça a du sens quand il s’agit d’une pièce sur le désir.
On sent que les acteurs prennent beaucoup de plaisir à jouer sous sa direction…
Nicolas est un mec qui a une énergie folle. Il arrive à embarquer derrière lui une équipe de vingt personnes. Et tous sont magnifiques: Lorànt Deutsch dans le rôle de Puck, c’est une évidence immédiate. Yves Pignot est en même temps gargantuesque et tellement léger, il est magistral. Marie-Julie Baup est géniale… Il me suffit de les évoquer pour être impatiente de les retrouver sur scène!