Sur les planches, elle raconte sa vie à Jacques Gamblin, qu’elle prend pour un psy alors qu’il est conseiller fiscal… Menée tambour battant, la pièce est à voir à tout prix.
As-tu l’impression que tu fais le même métier quand tu joues au théâtre et au cinéma ?
Oui, mais tout est très différent ! Le théâtre est incroyablement jouissif. Il y a d’abord un travail de recherche personnelle, puis une direction commune avec les autres comédiens. Et puis le rapport au public sans aucune triche, chaque soir, quel bonheur !
Qu’est ce qui est plus compliqué au théâtre ?
Ca nécessite beaucoup plus de travail ! Ce n’est pas compliqué d’ailleurs, c’est juste beaucoup plus de rigueur. Il n’y a pas de filets, on n’entend jamais : « Coupez ! On va la refaire…».
Et ce qui est plus facile ?
La récompense du public. Sur un plateau de cinéma, on ne reçoit pas autant. On croit souvent qu’au théâtre, les comédiens ne voient pas le public, c’est faux ! On sent toutes les énergies du public.
Pour qui te prend-on encore parfois (dans la rue par exemple) ?
On me confond moins qu’avant. Mais j’ai toujours été plutôt flattée par les comparaisons, notamment avec Audrey Tautou.
En plus du jeu, qu’est-ce qui te plait le plus dans un film ou une pièce ?
J’aime les rencontres humaines, tous ces gens qu’on croise. Sur la pièce, par exemple, Jacques Gamblin nous tire vers le haut, c’est un bosseur, un «archéologue» qui nous aide à creuser dans nos personnages.
Puisque c’est le cœur du sujet de la pièce… tu as déjà rencontré un psy ?
Oui, lorsque j’étais petite, mais c’était un vrai psy qui m’a fait d’ailleurs beaucoup de bien ; pour tout te dire, il s’agissait d’une femme psychothérapeute plutôt âgée..
Et fiscalement, puisque c’est également un thème abordé, tu comprends la vague de chefs d’entreprise, sportifs et autres stars qui s’expatrient ?
Ca m’énerve que les gens quittent la France, surtout lorsque c’est le pays dans lequel ils sont devenus ce qu’ils sont devenus et qu’ils ont le compte en banque qu’ils ont. Et en même temps, je les comprends. Il y a vraiment trop de taxes, et on devrait sans doute s’inspirer du système anglais, avec des prélèvements à la source. Ceci étant, je crois qu’il existe de nombreuses solutions de défiscalisation. Mon banquier me pousse au mariage… (rires)
Et qu’est-ce qui est le plus pénible dans un film ou une pièce ?
Je ne suis pas une fan de la promotion, mais c’est évidemment un passage obligé. On a envie que le projet sur lequel on a travaillé soit vu et apprécié du plus grand nombre. Pour autant, le public est seul décisionnaire du succès ou pas. Et on a vu des films sortir en plein mois d’août, sans promo, faire un carton plein.
Quel est le plus beau compliment professionnel qu’on t’ait adressé ?
C’est plus une belle rencontre qu’un compliment, lorsque j’ai tourné pendant deux mois, à Bordeaux, avec Suzanne Flon, dans un film de Claude Chabrol. J’ai tellement aimé sa générosité.
Quel est le film dans lequel tu regrettes de ne pas avoir été prise ?
J’ai totalement foiré les essais du film de Tim Burton « Big Fish», mais comme c’est une amie, Marion Cotillard, qui a eu le rôle, c’était un moindre mal. Elle était parfaite dedans !
Revenons à « Confidences trop intimes ». Fais nous la promo de la pièce en quelques adjectifs…
Il y a de l’amour, c’est caustique, (j’aime bien ce mot, il accroche…), c’est un jeu de rôles, il y a du mystère et de l’humour.
Quel est le truc le plus fou que tu aies osé faire pour décrocher un rôle ?
Ce n’est pas très fou, mais pour «Fair Play», où l’on me proposait un petit rôle, le réalisateur m’a demandé si j’aimais l’eau, car il y avait des scènes de rafting. J’ai pris la bouteille d’eau posée sur la table, je me suis aspergée la tête, et bien dégoulinante, je lui ai répondu : « J’adore l’eau» !
Quelle est la limite d’un « bon acteur» ?
Je pense qu’on ne peut pas vraiment se détacher de son physique. On ne peut pas tout jouer, on a la limite de son physique, même avec du maquillage.
Parmi toutes les qualités que l’on te trouve, quelle est celle qui est la plus vraie ?
Optimiste… ou disons que je suis une bonne vivante, c’est vrai. J’adore bien manger, déguster un bon vin.
Et celle que l’on te prête, mais avec laquelle tu es moins d’accord ?
On me croit plus confiante que je ne le suis. Mais si on le croit, c’est que je joue bien le jeu… Et c’est pas si mal pour une comédienne, non ? (Rires)
Dans la peau de quel homme aimerais-tu passer 24 h ?
J’aurais adoré passer 24 h dans la peau de Marvin Gaye.
Qui ne pourrait-on pas te soupçonner d’admirer ?
Michel Berger, mais ça ne t’étonne pas… alors, Pierre Perret !
Et de ne pas apprécier ?
Coluche. Il a fait des choses admirables, mais je n’ai jamais été fan de son humour.
Qu’est-ce qui t’impressionne le plus chez toi ?
Mon rire. Parce qu’il sort tout seul, instantanément, c’est impossible de m’en séparer (j’ai essayé…) et je sais qu’il est très bête.
Quel est le film que tu as le plus vu au cinéma ?
Mary Poppins.
Et la scène qui t’a le plus marquée ?
Tout ce qui touche à la mère dans « Requiem for a dream».
Quel est le comédien et la comédienne qui mériterait que l’on parle le plus de lui ?
J’ai une amie comédienne qui était au Conservatoire avec moi, Amandine Deswasme, qui est formidable. Elle va y arriver, c’est certain !
Qu’aimerais-tu jouer comme rôle de composition un jour ?
Une sorcière, sortie d’un univers à la Tim Burton.
Ta notoriété t’a-t-elle déjà servie ?
Tu veux rire, je ne suis pas assez connue. Parfois, pour réserver dans des restaurants surbookés, j’appelle de la part de Benoit Poelvoorde ! (rires)
Source Infrarouge.FR