La semaine dernière, le magazine POINT DE VUE consacrait 2 pages à Mélanie . J’ai rajouté les scans dans la galerie ainsi que le transcript de cet article ci-dessous :
Les états d’art de Mélanie Doutey
Elle est belle, fine, enjouée, enchaîne les rôles et les succès au cinéma comme à la télévision .. Sans oublier le théâtre où on la retrouvera en septembre aux côtés de Lorant Deutsch dans une version haute en couleur du Songe d’une nuit d’été . Un Shakespeare autrement . Propos recueillis par Marianne Niermans .
NICOLAS BRIANCON, le metteur en scène, a pris le parti de transposer Le songe d’une nuit d’été dans les années 70 . La corrélation entre cette époque de revendication et l’univers de Shakespeare fonctionne parfaitement: il est question de quête de liberté, d’identité, d’épanouissement personnel . Le thème de l’amour est célébré en des termes indémodables . La modernité de cette pièce est infinie . Shakespeare entretient un rapport totalement honnête avec ses personnages . Et puis il y a cette prose admirable, ces métaphores, cette énergie terrienne et lyrique …
J’AI ADORE JOUER HILDE dans la pièce d’Henrik Ibsen, Solness le constructeur . Le démon de la jeunesse, nous le connaissons tous . Il parle à chacun de nous à un certain moment de notre vie .
J’AIMERAIS BEAUCOUP INTERPRETER Agnès dans L’Ecole des femmes . Molière met en scène la pureté . Cette jeune fille est un ange, sublime, rare . J’ai le souvenir d’avoir vu (en captation) Isabelle Adjani au Français dans ce rôle . C’était extraordinaire . Je suis également très tentée par des personnages crus, terriens . Ceux du théâtre de Tennessee Williams . Des femmes qui ont un rapport très assumé à la noirceur . Je pense à Soudain l’été dernier .
DESPERATE HOUSEWIVES, Lost, Les Soprano … Je n’y connais rien en série … Pour palier à ce manque gravissime (rires), j’ai emporté avec moi cet été The Office .
J’AI BEAUCOUP ENTENDU PARLER de La Métamorphose . Ce livre m’attire . Je ne connais pas du tout Kafka . Ce n’est pas très divertissant pour l’été, mais l’hiver n’est pas plus propice à ce genre de lecture . Il n’y a pas de saison pour découvrir un auteur de ce type … Proust aussi, je vais m’y essayer .
« TOUT CE QUE J’AIMAIS » de Siri Hustvedt est un livre magnifique : un roman sur le couple, le rôle des parents, la perte d’un enfant, le fait d’être artiste . Aussi Ennemis intimes, la correspondance de Bernard-Henri Levy et Michel Houellebecq . A travers leur relation épistolaire – très intéressante – ils rendent la philosophie accessible . On a l’impression d’être un peu moins bête …
LES BRIGITTES! ces filles ont une vraie identité . Elles parlent du couple, de la difficulté d’être mère, décrivent très justement ce que ressentent les nanas de mon âge . Avec ou sans enfant . Quittées ou pas, Jalouses ou pas … De façon un peu crue parfois . Elles sont belles, osent dire des choses que l’on a pas trop l’habitude d’entendre . Musicalement, elles ont un vrai rythme, nouveau, percutant, entraînant .
« NOS PLUS BELLES ANNEES » de Sydney Pollack… où l’amour qui fait pleurer avec tous ses ingrédients : l’impossiblité de s’aimer et la beauté du couple mythique Robert Redford et Barbra Streisand qui porte le rêve et rend tout accessible . On sait tous que l’amour est un parcours du combattant . Mais on a envie d’y croire .
GEOFFREY RUSH dans le rôle du pianiste totalement fou de Shine, et dans celui du plus délirant des comédiens britanniques de Moi, Peter Sellers, un film génial . J’adore cet acteur . Mais je ne vais pas pour autant voir tous ses films . Au cinéma, mes choix se portent principalement sur la rencontre entre un acteur, un réalisateur et un personnage .
« THE FIGHTER » de David O.Russel, est un film qui me transporte : une histoire sur le milieu de la boxe qui donne envie d’avoir un frère, de jouir de l’instant, d’avoir des rapports sains, d’aimer, de vivre sa fraternité à fond . Pour moi, un film, c’est rentrer chez soi en étant porté par une énergie . C’est merveilleux lorsque le cinéma, la littérature ou la poésie réveillent quelque chose en vous .
EGON SCHIELE ME FASCINE . La façon dont il parle du corps . De la maladie . Ces corps qui sont associés au mal . Et par delà cette souffrance, cette sensualité qu’il parvient à suggérer . Poignant .
« MARIE ANTOINETTE » par Stefan Zweig (un auteur qui revient plusieurs fois dans une vie) m’a bouleversée . Cette reine est une héroïne de roman au destin tragique . Aussi une des premières femmes à jouer sur scène . Je pense que Sofia Coppola est passée à côté du personnage . Elle en a fait une starlette . Marie-Antoinette avait une autre densité .