Index Melanie Photos Medias Fanzone Site/WWW FaceBook


Mélanie parle de son rôle dans « Une petite zone de turbulences »
Lundi 11 janvier 2010

Comment vous êtes-vous retrouvée sur ce projet ?

Avec Alfred, on s’était rencontrés lors de la prépa de son premier long, puis ratés, mais je voulais retravailler avec Alfred. La Chambre Des Morts était d’un point de vue de la réalisation, de la direction artistique et d’acteurs très mûre et très personnelle. En lisant « Une petite zone de turbulences », d’un univers très différent, j’ai été frappée par la langue incisive et cynique, par la simple reconstitution de l’univers familial. J’y allais donc en totale confiance .

Cette Cathie, vous la comprenez ?

J’adore les caractères de cochon, même si je me défendrai toujours d’en posséder un. Des Cathie, il devrait y en avoir davantage dans le cinéma français. Elle ne craint jamais de dire des vérités, quitte à en devenir blessante. Elle est aussi maladroite et elle sait être égoïste. Sa violence verbale jaillit de ses doutes permanents. Sa spontanéité me plaisait, ce personnage ne cherche pas à séduire. Michel et Alfred, les auteurs, n’essaient pas de défendre leurs protagonistes à tout prix. Ce sont leurs failles qui les rendent attachants.

Elle aime Philippe mais s’interroge…

C’est difficile d’être avec quelqu’un que votre famille n’accepte pas. Jean-Paul et Anne sont tout sauf emballés par l’idée de ce mariage. Ils appartiennent à la bourgeoisie, vivent dans une maison plutôt cossue et n’apprécie pas de voir leur fille avec un videur de boîte certes sensible mais qui affiche des manières disons ‘’ populaires’’. Cette famille redoute le regard des autres. Il ne faut pas sortir des sentiers battus. Philippe, de son côté, n’a pas l’habitude des gens comme Jean-Paul, Anne ou Cathie. Quant à mon personnage, il a très peur de se planter. Son premier mariage l’a profondément meurtri. Cathie entretient des rapports apaisés avec son ex-mari (Eric Caravaca) mais ils ne sont pas exempts de séduction. Elle a encore cette rupture en travers de la gorge. C’est elle qui s’est faite plaquer avec un enfant. D’autant que pour ses parents, cet homme figurait probablement le gendre idéal. ‘’Une petite zone de turbulences’’ est un film sur l’engagement. Tous ses héros ressentent une vraie terreur par rapport à ça. Sauf Philippe. Mais Philippe se laisse bouffer par les craintes de Cathie.

Comment définiriez-vous les rapports de Cathie et son père ?

Ils sont très jolis. Au détour d’un regard ou d’une réflexion, leur complicité transparaît. Ces deux-là se vouent un amour sans nom, mais n’ont pas le temps de se le dire. Les personnages sont sans cesse rattrapés par leur quotidien. Ce quotidien qui leur met des œillères. La vie de Cathie se met en place et elle s’adresse à ses proches trop directement. Jean-Paul, lui, a peur de mourir et tombe dans une forme de mutisme. Il se cache de cette peur et s’arrange de ne pas savoir le dire, comme sa fille. Cathy ne prend pas le temps d’être attentive au mal être de son père. Elle est très centrée sur elle-même, et tous ces personnages sont à un carrefour, ils pourraient passer à côté de leurs vies. Jean-Paul, se rend compte – même s’il l’avait sans doute compris bien avant – que ses enfants n’iront pas au bout de l’ambition qu’il nourrissait pour eux.

Et de Cathie avec sa mère ?

Ces deux femmes se parlent en aboyant. Elles ressemblent à deux hérissons qui lorsqu’ils se tiennent trop prêts l’un de l’autre se piquent. Et lorsqu’ils sont trop loin, ont froid. Anne a t- elle été jalouse des rapports de Cathie et de son père ? Lorsque Anne tente d’évoquer devant Cathie sa liaison avec David (Vladimir Yordanoff), Cathie réagit avec une grande violence. Elle s’imagine peut-être que cette conversation risque d’en amener une autre gênante : l’engagement, le sien et celui de sa mère, donc sur cet échec héréditaire. Mais aussi Cathie se protège et fuit le conversation que les deux femmes pourraient éventuellement avoir sur le « problème » Philippe. Cathie a aussi un côté très enfantin : elle a du mal à faire le deuil de l’image que ses parents se sont donné tant de mal à établir, celle d’un couple qui dure et qui s’aime, comme si durer voulait dire s’aimer.

Cathie est aussi très proche de son frère…

Ils partagent une très belle fraternité, au sens noble du terme. Une vraie complicité aussi. Cathie est la seule à accepter totalement l’homosexualité de Mathieu.

Le film est traversé par la mort…

Comme s’il portait en permanence, sans que rien ne soit jamais surligné, l’angoisse du mot « fin ». Comme si la mort faisait partie intégrante du quotidien, ce que je trouve à la fois très juste et très sain. Mais ce thème grave n’est jamais abordé avec gravité. Bon, bien sûr, il y a ce cas extrême : la mutilation de Jean-Paul…

Comment avez-vous travaillé avec Alfred ?

Nous avons fait pas mal de lectures. Il se montre très précis et très exigeant. Mais, je vous rassure tout de suite, il n’a rien d’un despote. Il laisse les acteurs s’approprier leur personnage. Sur le plateau, il nous suggérait parfois une intonation sur une réplique ou une nuance dans le regard. Il nous aide à l’invention, il aime les acteurs. Alfred a toujours la conscience de la continuité de son film. Son attention est généreuse. Il fait beaucoup de prises. Mais j’aime ça. La mise en scène d’Alfred a une touche très personnelle. Son cadre raconte à chaque fois une histoire. Dans le dernier plan du film, par exemple, il raconte ce vide dans lequel les personnages se débattent. Anne et Jean-Paul y redeviennent tout petits dans leur vie.

Connaissiez-vous Michel Blanc et Miou-miou ?

Non, mais j’admire beaucoup l’acteur, toujours fidèle à l’honnêteté de ses personnages. Qu’il soit comédien ou réalisateur, Michel sait jongler comme personne avec le drame et l’humour. Et il était très en observation sur le tournage. Comme Miou-miou, il reste concentré, il a la volonté de bien faire pour son personnage mais aussi pour les autres. Miou-miou est une femme et une actrice exquise. Sa curiosité n’a pas de bornes, et elle est incroyablement généreuse.

Et les autres comédiens ?

Gilles est, lui aussi, un acteur que j’admire énormément. J’éprouve du plaisir à travailler avec lui, même si on est toujours très intimidé par le regard de quelqu’un qu’on… connaît bien. Il y a une volonté de lui plaire. Quant à Cyril, je l’avais croisé sur Clara Sheller. Son travail sur le film m’a littéralement bluffée.

Source : Dossier de presse du film « Une petite zone de turbulences« 





Please note that all comments must be approved before being displayed. There is no need to resubmit your comment if it isn't shown immediately, once it has been checked and approved it will appear. Please keep comments appropriate and on topic.